Vous déposez votre voiture au garage pour une panne qui vous semble relativement simple. Quelques jours plus tard, le garage vous annonce que les réparations sont terminées.
Vous récupérez votre véhicule… et le problème est toujours là.
Pire encore : une nouvelle panne apparaît, le moteur fonctionne mal ou la voiture tombe complètement en panne après l'intervention.
Vous vous demandez alors : le garage a-t-il mal réparé mon véhicule ? Peut-il être tenu responsable des nouveaux dommages ? Et qui doit payer ?
C'est une situation que je rencontre régulièrement dans les dossiers automobiles. Et la difficulté vient souvent du fait que le garage va naturellement considérer que la nouvelle panne n'a aucun rapport avec son intervention.
Il faut donc pouvoir établir précisément ce qui s'est passé.
Oui.
Lorsqu'un professionnel intervient sur votre véhicule, il ne peut pas simplement effectuer une réparation sans conséquence sur la suite.
Le garagiste est tenu à des obligations professionnelles, notamment concernant la qualité de son intervention.
Lorsqu'une réparation a été mal réalisée et qu'elle est à l'origine d'une nouvelle panne ou d'une aggravation du problème initial, sa responsabilité peut être recherchée.
Mais attention : une panne survenue après une intervention ne signifie pas automatiquement que le garage est responsable.
Il faut établir un lien entre l'intervention du professionnel et le dommage que vous subissez.
Imaginez que votre véhicule présente un problème mécanique.
Le garage vous propose de remplacer une pièce.
Vous acceptez.
Quelques jours après la réparation, la voiture tombe de nouveau en panne et le moteur présente cette fois des dommages beaucoup plus importants.
Le garage vous explique alors que la nouvelle panne n'a rien à voir avec son intervention.
C'est précisément dans ce type de situation qu'une analyse technique devient indispensable.
Il faut déterminer si :
la première réparation était adaptée;
la pièce a été correctement montée;
une erreur a été commise;
le garage aurait dû détecter un autre problème;
la nouvelle panne est liée à l'intervention.
C'est une question importante.
Si la nouvelle panne résulte d'une réparation défectueuse, il n'est évidemment pas normal que vous supportiez automatiquement le coût des conséquences de cette mauvaise intervention.
En revanche, si la nouvelle panne est totalement indépendante de la première réparation, le garage pourra légitimement vous proposer une nouvelle intervention.
Tout le problème consiste donc à déterminer l'origine exacte de la panne.
C'est une phrase que j'entends régulièrement dans les dossiers.
Le garage explique que le véhicule avait simplement un autre problème.
Cela peut être vrai.
Mais cela peut également masquer une intervention incomplète ou mal réalisée.
Par exemple, un professionnel qui intervient sur un élément essentiel du moteur doit parfois effectuer certains contrôles complémentaires.
S'il ne les réalise pas alors qu'ils étaient nécessaires, la question de sa responsabilité peut se poser.
La première chose à faire est de ne pas se contenter d'une discussion téléphonique.
Demandez au garage de vous expliquer par écrit :
quelle intervention a été réalisée;
quelles pièces ont été remplacées;
quelle est, selon lui, l'origine de la nouvelle panne;
pourquoi il considère ne pas être responsable.
Conservez également tous les devis et toutes les factures.
Ces documents seront particulièrement utiles si le litige se poursuit.
Lorsque le premier garage refuse d'intervenir, la réaction naturelle consiste à déposer immédiatement la voiture dans un autre établissement.
Je comprends parfaitement cette décision : vous avez besoin de votre véhicule.
Mais attention.
Si le second garage démonte le moteur, remplace les pièces ou effectue des réparations importantes, vous risquez de perdre des éléments de preuve permettant d'établir la responsabilité du premier professionnel.
Avant une intervention importante, il est donc préférable de réfléchir à la manière de préserver les preuves.
Lorsque le désaccord persiste, une expertise peut permettre de déterminer ce qui s'est réellement passé.
L'expert pourra notamment rechercher :
l'origine de la panne;
la qualité des réparations réalisées;
la conformité du montage;
les pièces défectueuses;
le lien éventuel entre l'intervention du garage et les dommages.
Dans certains dossiers, cette expertise permet de trouver rapidement une solution amiable.
Dans d'autres, elle devient une pièce essentielle d'une procédure judiciaire.
Lorsque la responsabilité du garage est contestée, une expertise contradictoire est généralement préférable.
Le garage doit pouvoir être convoqué et présenter ses observations.
Cela permet ensuite de disposer d'un débat technique plus solide.
Une expertise réalisée dans de bonnes conditions peut avoir une importance considérable si le dossier doit ensuite être présenté devant un tribunal.
Ce n'est pas forcément rédhibitoire.
Mais la situation devient plus complexe.
Il faut alors récupérer et conserver autant que possible les anciennes pièces, les photographies, les rapports de diagnostic et tous les documents techniques.
Demandez également au garage de vous remettre les pièces remplacées lorsque cela est possible.
Une pièce qui disparaît peut parfois être une preuve qui disparaît avec elle.
Selon les circonstances, oui.
Si la responsabilité du garage est établie, différents préjudices peuvent être invoqués.
Il peut notamment être question :
du coût de la réparation inutile;
du coût de la remise en état;
des frais d'expertise;
des frais de remorquage;
des frais de location d'un véhicule;
voire d'autres préjudices justifiés par la situation.
Encore faut-il pouvoir démontrer la réalité de ces frais et leur lien avec la faute reprochée au garage.
Soyez prudent.
Il arrive qu'un garage propose au client de signer un document indiquant que les réparations ont été effectuées à sa demande ou qu'il renonce à toute contestation.
Avant de signer un document ayant une portée juridique, prenez le temps de le lire et, en cas de doute, faites-le examiner.
Une signature apposée dans la précipitation peut compliquer la contestation ultérieure.
Si vous pensez que votre garage a aggravé la panne :
1. Conservez le devis initial. 2. Gardez toutes les factures. 3. Demandez les explications du garage par écrit. 4. Ne faites pas démonter immédiatement le véhicule par un autre professionnel. 5. Conservez les pièces remplacées. 6. Photographiez les éléments importants. 7. Envisagez une expertise avant toute réparation importante.
Ces précautions peuvent faire une véritable différence.
Dans ce cas, le règlement du litige est évidemment beaucoup plus simple.
Le professionnel peut proposer de reprendre les travaux à ses frais ou de participer à la réparation.
Je conseille néanmoins de formaliser tout accord par écrit.
Un engagement oral est toujours plus difficile à démontrer par la suite.
Lorsqu'un garage intervient sur votre véhicule, vous lui faites confiance pour résoudre un problème. Si la panne s'aggrave après son intervention, ne partez pas immédiatement du principe que le professionnel est forcément responsable. Mais ne vous contentez pas non plus de son explication si elle ne vous convainc pas.
La priorité est de préserver les preuves et d'identifier techniquement l'origine du problème.
Je conseille notamment à mes clients de ne pas autoriser une nouvelle réparation importante avant d'avoir réfléchi aux conséquences sur la preuve. Une expertise réalisée au bon moment peut permettre de comprendre ce qui s'est réellement passé et de déterminer qui doit supporter le coût des réparations.
Votre voiture est tombée en panne après une réparation effectuée par un garage ? Le professionnel refuse de reconnaître son erreur ou vous réclame le paiement de nouvelles réparations ?
Depuis plus de trente ans, le Cabinet Fernandez accompagne les automobilistes confrontés aux litiges avec les garages, concessionnaires et vendeurs de véhicules.
Nous analysons votre dossier, les réparations effectuées et les éléments techniques disponibles afin de déterminer les recours envisageables et de défendre vos intérêts, à l'amiable ou dans le cadre d'une procédure judiciaire.